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| North
Face Ultra Trail du tour du Mont-Blanc |
| Cette
course à pied est l’une des plus dures
du monde. Pour preuve, les abandons sont toujours plus
nombreux que les arrivées. |
| Par : Gäel Couturier |
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Le
tracé du parcours de cette grande course d’ultra
née en 2003 emprunte le légendaire sentier de
randonnée du Tour du Mont-Blanc (TMB), l’un des
plus utilisé en Europe. En partant de Chamonix, il
traverse le Val d’Aoste en Italie via la ville de Courmayeur
puis rejoint la vallée du Valais en Suisse via celle
de Champex.
Il se termine enfin à Chamonix, après 158 km
et 8600 mètres de dénivelé positif. Les
meilleurs athlètes mettent généralement
entre 21 et 22h non-stop pour le parcourir, le temps limite
étant de 45h, alors que les randonneurs le bouclent
habituellement en une semaine complète.
Cette année, pour faire face au succès des éditions
précédentes, les organisateurs ont décidé
de créer sur le même parcours, une nouvelle épreuve
du même type mais plus courte. Longue de 86 km, elle
relie Courmayeur à Chamonix en passant par Champex.
Son départ est donné le vendredi midi dans le
centre de Courmayeur, quelques heures à peine avant
celui de la longue boucle de 158 km, donné lui à
19h au centre de Chamonix.
Avec près de 70 km entre les deux, tout est ainsi prévu
pour que les deux courses ne se superposent jamais et pour
que les athlètes les plus rapides du grand parcours
ne doublent pas les plus lents du plus petit.
Plus accessible, cette épreuve devait théoriquement
permettre à davantage de trailers de goûter aux
saveurs enivrantes du Mont-Blanc et de sa ligne d’arrivée
dans Chamonix en fête. Avec ces 854 arrivants sur 1000,
et seulement 1151 sur 2500 pour le grand parcours, cette tentative
a pour le moins été vaine. De ce fait, bien
sûr, la publicité de la course est assurée
et son mythe est renforcé. L’Ultra-Trail, aussi
difficile soit-il, a donc de beaux jours devant lui.
Une toute petite question de rien du tout reste toutefois
en suspend et concerne les coureurs : ont-ils pour la plupart
oublié la première édition d’août
2003 ? Elle a pourtant été le théâtre
d’une véritable hécatombe où les
trois quarts des participants ont abandonné par grappes
entières, sous les assauts répétés
d’une météo dantesque, avec trombes d’eau,
vent glacial et températures quasi-hivernales.
Ce jour-là, le Mont-Blanc avait dès le départ
fixé les règles du jeu basées sur le
respect de l’environnement. Pas sur l’écologie,
quoique, mais plus sur le respect d’une nature surpuissante.
« Il faut vous comporter en montagnards. Ne comptez
que sur vous-même. Pas sur vos voisins ni sur les secours.
Car si le mauvais temps se lève là-haut, personne
ne viendra jamais vous chercher. Pas même l’hélicoptère
du PGHM. Vous êtes seuls, vous et la montagne »
les avait ainsi conseillés l’ancien gendarme
de haute montagne Pierre Faussurier, alors responsable sécurité
de l’épreuve.
En août dernier, le temps a pourtant été
clément autour du massif du Mont-Blanc. Reste donc
à savoir qui porte la responsabilité de ces
nombreux DNF (Did
not finish)
comme disent les Américains.
Il faut dire que depuis cette première édition,
la popularité de l’Ultra Trail n’a fait
que progresser et s’est peu à peu hissée
à la hauteur des 100 miles américains les plus
réputés, tels les Hardrock, H.U.R.T et autre
Western State.
À tel point qu’aujourd’hui les 2500 dossards
du grand parcours s’arrachent en quelques semaines sur
le Net, et que n’importe quel trailer affamé
se sent pousser des ailes. Force est aussi de reconnaître
que l’organisation de cette aventure aiguise les appétits
tant elle est à la hauteur du challenge qu’elle
propose. Le site naturel du Mont-Blanc d’abord, reconnu
dans le monde entier, reste un espace très préservé.
Les bénévoles ensuite, qu’ils soient Français,
Italiens ou Suisses, tout sourire dans leurs langues d’origine,
encouragent et regonflent tous les coeurs vaillants. Bref,
l’ambiance est digne d’un grand marathon international.
Seulement la difficulté de cette épreuve n’a
rien à voir avec un marathon. Aussi surprenant que
cela puisse paraître, c’est ce que semble pourtant
oublier bon nombre de ces participants qui ne peuvent donc
s’en prendre qu’à eux-mêmes. Car
le Mont-Blanc n’a pas attendu quelques allumés
de la course à pied pour imposer le respect à
tous ses assaillants.
Pour
en savoir plus sur cette course sport aventure, consultez
l'adresse officielle du North Face Ultra-Trail Tour du Mont
Blanc : www.ultratrailmb.com
Image:
Copyright © Les traileurs du Mont Blanc
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| Gaël
Couturier. - Journaliste depuis de nombreuses
années, il a d'abord été chef de
rubrique sport pour le magazine américain Men's
Health. Il collabore aujourd'hui régulièrement
à des titres mensuels tels que Management et
Sport Première (presse professionnelle) mais
aussi de temps en temps à la télévision
sur Sport + où il s'occupe du triathlon. |
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