| North
Face Ultra-Trail du tour du Mont Blanc
Cette
course à pied est l’une des plus dures du monde. Pour preuve,
les abandons sont toujours plus nombreux que les arrivées.
Par
: Gaël Couturier
TotalForme
11/09/2006
Le
tracé du parcours de cette grande course d’ultra née
en 2003 emprunte le légendaire sentier de randonné du Tour
du Mont-Blanc (TMB), l’un des plus utilisé en Europe. En
partant de Chamonix, il traverse le Val d’Aoste en Italie via la
ville de Courmayeur puis rejoint la vallée du Valais en Suisse
via celle de Champex.
Il se termine enfin à Chamonix, après 158 km et 8600 mètres
de dénivelé positif. Les meilleurs athlètes mettent
généralement entre 21 et 22h non-stop pour le parcourir,
le temps limite étant de 45h, alors que les randonneurs le bouclent
habituellement en une semaine complète.
Cette année, pour faire face au succès des éditions
précédentes, les organisateurs ont décidé
de créer sur le même parcours, une nouvelle épreuve
du même type mais plus courte. Longue
de 86 km, elle relie Courmayeur à Chamonix en passant par Champex.
Son départ est donné le vendredi midi dans le centre de
Courmayeur, quelques heures à peine avant celui de la longue boucle
de 158 km, donné lui à 19h au centre de Chamonix.
Avec près de 70 km entre les deux, tout est ainsi prévu
pour que les deux courses ne se superposent jamais et pour que les athlètes
les plus rapides du grand parcours ne doublent pas les plus lents du plus
petit.
Plus accessible, cette épreuve devait théoriquement permettre
à davantage de trailers de goûter aux saveurs enivrantes
du Mont-Blanc et de sa ligne d’arrivée dans Chamonix en fête.
Avec ces 854 arrivants sur 1000, et seulement 1151 sur 2500 pour le grand
parcours, cette tentative a pour le moins été vaine. De
ce fait, bien sûr, la publicité de la course est assurée
et son mythe est renforcé. L’Ultra Trail, aussi difficile
soit-il, a donc de beaux jours devant lui.
Une toute petite question de rien du tout reste toutefois en suspend et
concerne les coureurs : ont-ils pour la plupart oublié la première
édition d’août 2003 ? Elle a pourtant été
le théâtre d’une véritable hécatombe
où les trois quarts des participants ont abandonné par grappes
entières, sous les assauts répétés d’une
météo dantesque, avec trombes d’eau, vent glacial
et températures quasi-hivernales.
Ce jour-là, le Mont-Blanc avait dès le départ fixé
les règles du jeu basées sur le respect de l’environnement.
Pas sur l’écologie, quoique, mais plus sur le respect d’une
nature surpuissante. « Il faut vous comporter en montagnards. Ne
comptez que sur vous-même. Pas sur vos voisins ni sur les secours.
Car si le mauvais temps se lève là-haut, personne ne viendra
jamais vous chercher. Pas même l’hélicoptère
du PGHM. Vous êtes seuls, vous et la montagne » les avait
ainsi conseillés l’ancien gendarme de haute montagne Pierre
Faussurier, alors responsable sécurité de l’épreuve.
En août dernier, le temps a pourtant été clément
autour du massif du Mont-Blanc. Reste donc
à savoir qui porte la responsabilité de ces nombreux DNF
(Did
not finish) comme disent les Américains.
Il faut dire que depuis cette première édition, la popularité
de l’Ultra Trail n’a fait que progresser et s’est peu
à peu hissée à la hauteur des 100 miles américains
les plus réputés, tels les Hardrock, H.U.R.T et autre Western
State.
À tel point qu’aujourd’hui les 2500 dossards du grand
parcours s’arrachent en quelques semaines sur le Net, et que n’importe
quel trailer affamé se sent pousser des ailes. Force est aussi
de reconnaître que l’organisation de cette aventure aiguise
les appétits tant elle est à la hauteur du challenge qu’elle
propose. Le site naturel du Mont-Blanc d’abord, reconnu dans le
monde entier, reste un espace très préservé.
Les bénévoles ensuite, qu’ils soient Français,
Italiens ou Suisses, tout sourire dans leurs langues d’origine,
encouragent et regonflent tous les coeurs vaillants. Bref, l’ambiance
est digne d’un grand marathon international.
Seulement la difficulté de cette épreuve n’a rien
à voir avec un marathon. Aussi surprenant que cela puisse paraître,
c’est ce que semble pourtant oublier bon nombre de ces participants
qui ne peuvent donc s’en prendre qu’à eux-mêmes.
Car le Mont-Blanc n’a pas attendu quelques allumés de la
course à pied pour imposer le respect à tous ses assaillants.
Pour
en savoir plus sur cette course sport/aventure, consultez l'adresse officielle
du
North Face Ultra Trail Tour du Mont Blanc : www.ultratrailmb.com
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| Gaël
Couturier. - Journaliste depuis de nombreuses années,
il a d'abord été chef de rubrique sport pour le magazine
américain Men's Health. Il collabore aujourd'hui régulièrement
à des titres mensuels tels que Management et Sport Première
(presse professionnelle) mais aussi de temps en temps à la
télévision sur Sport + où il s'occupe du triathlon. |
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