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L’intensité,
c’est véritablement l’élément
clé de l’entraînement. S’entraîner
à des intensités trop faibles, même
longtemps, améliore peu la condition physique.
Et s’entraîner à des intensités
trop élevées ne donne pas grand chose
non plus parce qu’on ne peut pas le faire pendant
très longtemps sans s’épuiser. Il faut
donc chercher à s’entraîner dans des
fourchettes d’intensité optimale.
En
se fondant sur des recherches en physiologie de l’exercice
et sur l’expérience de terrain, les spécialistes
en entraînement ont cerné les fourchettes d’intensité
dans lesquelles il faut s’entraîner selon qu’on
veut optimiser l’amélioration et l’entretien
de son aptitude aérobie (le VO2max,
la puissance aérobie maximale) ou de son endurance.
Comme
l’illustre le tableau suivant, les spécialistes
expriment ces zones «payantes» d’entraînement
en pourcentage du VO2max (consommation maximale d’oxygène).
Pourquoi ? Parce que c’est la seule manière
pour
que ces zones d’intensité s’appliquent
autant aux personnes en mauvaise condition physique qu’aux
athlètes chevronnés.
En effet, courir, pédaler, patiner ou ramer à
50 % du VO2max est aussi facile pour un débutant
que pour un athlète de haut niveau; la différence
étant que l’athlète devra courir, pédaler,
patiner ou ramer beaucoup plus vite que le non athlète.
Le
tableau fait ressortir l’intérêt de s’entraîner
à au moins 50 % du
VO2max : c’est l’intensité minimale requise
pour susciter une amélioration
de l’endurance. Il n’est pas trop difficile
de maintenir cette intensité
pendant longtemps.
Mais pour avoir un effet optimal sur l’aptitude aérobie,
c’est-à-dire
pour améliorer le travail du cœur, des poumons
de la circulation et des muscles, il faut s’entraîner
à des intensités plus proches de 100 % du
VO2max. Malheureusement, il n’est pas possible de
s’entraîner à des intensités aussi
élevées sans y mettre beaucoup d’effort.
Comment
exprimer l’intensité d’entraînement
Pour trouver à quelle fréquence cardiaque
vous devez vous entraîner pour que l’intensité
de votre exercice soit à tel ou tel pourcentage de
votre VO2max, vous n’avez qu’à appliquer
la formule de Karvonen, ou utiliser le calculateur que voici.
Vous devez connaître votre fréquence cardiaque
de repos (FCrepos) et votre fréquence cardiaque maximale
(FCmax). Calculer
votre FCmax
Pour s’assurer qu’on ne se pousse pas trop
Lorsqu’on vous voulez vous ménager, comme lorsque
vous reprenez l’entraînement après une
période d’inactivité ou lorsque vous
êtes dans
une partie qui se veut facile d’une séance
(échauffement, retour au calme), vous pouvez vous
donner une FC à ne pas dépasser, par exemple
celle correspondant à 50 % de votre VO2max
(zone 1).
Comment
trouver votre fréquence cardiaque maximale
Pour connaître votre vrai FCmax, vous devez mesurer
votre FC à l’aide d’un cardiofréquencemètre
au cours d’un test d’effort progressif et maximal,
c’est-à-dire un test où vous effectuez
un exercice « aérobie » (courir, pédaler,
ramer, etc.) à une intensité qui augmente
progressivement par paliers jusqu’à ce que
vous ne soyez plus capable de produire la puissance attendue.
En général, au cours d’un test de ce
type, si vous avez la motivation voulue, votre FC atteindra
sa valeur maximale au cours des dernières secondes
d’effort.
Mais
à défaut d’un tel test épuisant,
vous pouvez estimer votre FCmax à partir de votre
âge. La formule la plus connue veut que la FCmax corresponde
à 220 moins l’âge (ex. 180 pour une personne
de 40 ans),
mais il s’agit d’une mesure très approximative.
La formule suivante est
plus précise :
FCmax
= 209 – 0,587 x âge
Mais
attention, la variation de la FCmax est très grande,
même à l’intérieur d’une
même catégorie d’âge. On ne sait
pas parfaitement pourquoi certaines personnes ont une FCmax
beaucoup plus élevée que d’autres du
même âge, mais on sait que cela ne les empêche
pas du
tout d’être en bonne condition physique.
Limites
des FC comme indice de l’intensité de l’exercice
physique
Le cardiofréquencemètre a certaines applications
en entraînement sportif, sans toutefois être
la panacée. Plusieurs spécialistes pensent
que la méthode des fréquences cardiaques cibles
a de nombreuses limites comme moyen de doser l’intensité
des séances d’entraînement « aérobie
» et préfèrent avoir recours à
des alternatives, comme par exemple l’approche
dite « par effort perçu ».
Il est vrai que dans plusieurs circonstances, la FC n’est
pas du tout un bon indice de l’intensité. C’est
le cas notamment lorsque l’intensité change
fréquemment. Dans ce cas, la FC n’a pas le
temps d’atteindre un état stable. C’est
le cas également lorsque l’intensité
est plus élevée que 100 % du VO2max : par
définition, la FC ne peut pas être plus élevée
que
la FCmax.
Si par exemple vous faites un sprint de 400 m en course
à pied, votre FC atteindra peut-être votre
FCmax, mais l’intensité à laquelle vous
aurez fait ce sprint sera certainement bien plus élevée
que l’intensité correspondant
à votre VO2max. Dans ce cas, la FC n’est pas
un bon indice de l’intensité
de l’exercice.
Ainsi,
c’est surtout lors de séances d’entraînement
à intensité à peu près constante
que le cardiofréquencemètre peut refléter
l’intensité de
l’exercice. Mais attention, si l’on maintient
une FC constante, l’intensité réelle
de travail diminuera inexorablement et ce dans une proportion
pouvant aller jusqu’à 6 ou 7 % en deux heures,
et même plus s’il fait particulièrement
chaud. Pourquoi ? À cause d’un phénomène
que les physiologistes appellent la «dérive
cardiaque».
Bref,
dans les parties d’une séance d’entraînement
où l’intensité n’est pas trop
élevée (inférieure à 100 % du
VO2max), on peut se servir du cardiofréquencemètre
pour doser son intensité, à condition d’être
conscient des limites de cet instrument.
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| Guy
Thibault, Ph.D. - Docteur en physiologie de
l'exercice, Guy s'est spécialisé dans
l'interprétation des résultats de recherches
scientifiques au bénéfice des entraîneurs
et des sportifs. Conférencier invité sur
plusieurs tribunes en Amérique, en Europe et
en Afrique, il est l'auteur du Guide de mise en forme
(Éditions de l'Homme) et il est le conseiller
scientifique de plusieurs centres nationaux d'entraînement,
particulièrement en sports individuels. |
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