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Intensité de votre
entraînement à l'aide de la fréquence cardiaque
L’intensité, c’est
véritablement l’élément
clé de l’entraînement.
 
Par : Guy Thibault
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L’intensité, c’est véritablement l’élément clé de l’entraînement. S’entraîner
à des intensités trop faibles, même longtemps, améliore peu la condition physique.

Et s’entraîner à des intensités trop élevées ne donne pas grand chose
non plus parce qu’on ne peut pas le faire pendant très longtemps sans s’épuiser. Il faut donc chercher à s’entraîner dans des fourchettes d’intensité optimale.

En se fondant sur des recherches en physiologie de l’exercice et sur l’expérience de terrain, les spécialistes en entraînement ont cerné les fourchettes d’intensité dans lesquelles il faut s’entraîner selon qu’on veut optimiser l’amélioration et l’entretien de son aptitude aérobie (le VO2max,
la puissance aérobie maximale) ou de son endurance.

Comme l’illustre le tableau suivant, les spécialistes expriment ces zones «payantes» d’entraînement en pourcentage du VO2max (consommation maximale d’oxygène). Pourquoi ? Parce que c’est la seule manière pour
que ces zones d’intensité s’appliquent autant aux personnes en mauvaise condition physique qu’aux athlètes chevronnés.


En effet, courir, pédaler, patiner ou ramer à 50 % du VO2max est aussi facile pour un débutant que pour un athlète de haut niveau; la différence étant que l’athlète devra courir, pédaler, patiner ou ramer beaucoup plus vite que le non athlète.

Le tableau fait ressortir l’intérêt de s’entraîner à au moins 50 % du
VO2max : c’est l’intensité minimale requise pour susciter une amélioration
de l’endurance. Il n’est pas trop difficile de maintenir cette intensité
pendant longtemps.

Mais pour avoir un effet optimal sur l’aptitude aérobie, c’est-à-dire
pour améliorer le travail du cœur, des poumons de la circulation et des muscles, il faut s’entraîner à des intensités plus proches de 100 % du VO2max. Malheureusement, il n’est pas possible de s’entraîner à des intensités aussi élevées sans y mettre beaucoup d’effort.

Voir le tableau résumé des intensités

Comment exprimer l’intensité d’entraînement

Pour trouver à quelle fréquence cardiaque vous devez vous entraîner pour que l’intensité de votre exercice soit à tel ou tel pourcentage de votre VO2max, vous n’avez qu’à appliquer la formule de Karvonen, ou utiliser le calculateur que voici.

Vous devez connaître votre fréquence cardiaque de repos (FCrepos) et votre fréquence cardiaque maximale (FCmax).
Calculer votre FCmax

 
- Quel est votre FCrepos (le matin, avant de vous lever) : bpm
- Déterminer votre FCmax (FCmax = 209 – 0,587 x âge): bpm


Résultats de vos FCexercice, en battements par minute (bpm), selon l’intensité cible en pourcentage de votre VO2max
 
100 % VO2max
bpm
95 % VO2max
bpm
90 % VO2max
bpm
85 % VO2max
bpm
80 % VO2max
bpm
75 % VO2max
bpm
70 % VO2max
bpm
65 % VO2max
bpm
60 % VO2max
bpm
55 % VO2max
bpm
50 % VO2max
bpm
45 % VO2max
bpm
40 % VO2max
bpm
35 % VO2max
bpm
........................................................................................................................

Inversement, pour trouver à quel pourcentage de votre VO2max vous vous entraînez lorsque votre fréquence cardiaque est de tel ou tel nombre de battements par minute, vous n’avez qu’à appliquer la formule de Karvonen
‘à l’envers’, ou utiliser le calculateur que voici.
Quel est votre FCrepos
(le matin, avant de vous lever) :
bpm

Déterminer votre FCmax
(FCmax = 209 – 0,587 x âge):
bpm

Quel est votre FCcible pour laquelle voulez connaître l’intensité relative, en pourcentage de votre VO2max : bpm


Votre intensité relative, en pourcentage de votre VO2max
selon la FCcible:
%VO2max
 

Les fameuses « zones » d’entraînement
Certains entraîneurs composent les séances d’entraînement en s’exprimant en fourchettes de fréquences cardiaques cibles (appelées communément
les « zones d’entraînement »). Ainsi, vous pouvez établir cinq « zones » d’entraînement et calculer les fréquences cardiaques délimitant ces fourchettes d’intensité, puis vous y conformer pendant vos séances d’entraînement « aérobie », selon votre objectif.

Voir le tableau résumé des "zones d'entrainement"   




Pour s’assurer qu’on ne se pousse pas trop

Lorsqu’on vous voulez vous ménager, comme lorsque vous reprenez l’entraînement après une période d’inactivité ou lorsque vous êtes dans
une partie qui se veut facile d’une séance (échauffement, retour au calme), vous pouvez vous donner une FC à ne pas dépasser, par exemple celle correspondant à 50 % de votre VO2max
(zone 1).

Comment trouver votre fréquence cardiaque maximale
Pour connaître votre vrai FCmax, vous devez mesurer votre FC à l’aide d’un cardiofréquencemètre au cours d’un test d’effort progressif et maximal, c’est-à-dire un test où vous effectuez un exercice « aérobie » (courir, pédaler, ramer, etc.) à une intensité qui augmente progressivement par paliers jusqu’à ce que vous ne soyez plus capable de produire la puissance attendue.

En général, au cours d’un test de ce type, si vous avez la motivation voulue, votre FC atteindra sa valeur maximale au cours des dernières secondes d’effort.

Mais à défaut d’un tel test épuisant, vous pouvez estimer votre FCmax à partir de votre âge. La formule la plus connue veut que la FCmax corresponde à 220 moins l’âge (ex. 180 pour une personne de 40 ans),
mais il s’agit d’une mesure très approximative. La formule suivante est
plus précise :

FCmax = 209 – 0,587 x âge

Calculer votre FCmax avec notre calculateur  

Mais attention, la variation de la FCmax est très grande, même à l’intérieur d’une même catégorie d’âge. On ne sait pas parfaitement pourquoi certaines personnes ont une FCmax beaucoup plus élevée que d’autres du même âge, mais on sait que cela ne les empêche pas du
tout d’être en bonne condition physique.

Limites des FC comme indice de l’intensité de l’exercice physique

Le cardiofréquencemètre a certaines applications en entraînement sportif, sans toutefois être la panacée. Plusieurs spécialistes pensent que la méthode des fréquences cardiaques cibles a de nombreuses limites comme moyen de doser l’intensité des séances d’entraînement « aérobie » et préfèrent avoir recours à des alternatives, comme par exemple l’approche
dite « par effort perçu ».

Il est vrai que dans plusieurs circonstances, la FC n’est pas du tout un bon indice de l’intensité. C’est le cas notamment lorsque l’intensité change fréquemment. Dans ce cas, la FC n’a pas le temps d’atteindre un état stable. C’est le cas également lorsque l’intensité est plus élevée que 100 % du VO2max : par définition, la FC ne peut pas être plus élevée que
la FCmax.

Si par exemple vous faites un sprint de 400 m en course à pied, votre FC atteindra peut-être votre FCmax, mais l’intensité à laquelle vous aurez fait ce sprint sera certainement bien plus élevée que l’intensité correspondant
à votre VO2max. Dans ce cas, la FC n’est pas un bon indice de l’intensité
de l’exercice.

Ainsi, c’est surtout lors de séances d’entraînement à intensité à peu près constante que le cardiofréquencemètre peut refléter l’intensité de
l’exercice. Mais attention, si l’on maintient une FC constante, l’intensité réelle de travail diminuera inexorablement et ce dans une proportion
pouvant aller jusqu’à 6 ou 7 % en deux heures, et même plus s’il fait particulièrement chaud. Pourquoi ? À cause d’un phénomène que les physiologistes appellent la «dérive cardiaque».

Bref, dans les parties d’une séance d’entraînement où l’intensité n’est pas trop élevée (inférieure à 100 % du VO2max), on peut se servir du cardiofréquencemètre pour doser son intensité, à condition d’être
conscient des limites de cet instrument.





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Guy Thibault, Ph.D. - Docteur en physiologie de l'exercice, Guy s'est spécialisé dans l'interprétation des résultats de recherches scientifiques au bénéfice des entraîneurs et des sportifs. Conférencier invité sur plusieurs tribunes en Amérique, en Europe et en Afrique, il est l'auteur du Guide de mise en forme (Éditions de l'Homme) et il est le conseiller scientifique de plusieurs centres nationaux d'entraînement, particulièrement en sports individuels.

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