Pour
avoir une idée de la place du tennis-elbow en traumatologie
sportive, on retiendra simplement qu'un tiers des 100
millions de joueurs de tennis de par le monde se trouve
un jour confronté au problème.
En général, il s'agit de joueurs moyens
qui traînent des douleurs pendant des mois, voire
des années. Les représentants de l'élite
sont plus rarement concernés. Des statistiques
réalisées
par l'équipe médicale du tournoi de Roland
Garros n'ont fait état que d'un seul cas en trois
ans.
On peut analyser cela de deux façons différentes:
soit que les meilleurs joueurs se trouvent naturellement
protégés contre le tennis-elbow par une
technique de jeu irréprochable; soit qu'une telle
pathologie aurait forcément eu raison des ambitions
sportives de ceux et celles qui en étaient éventuellement
atteints.
La proportion de victimes augmente nettement à
mesure que l'on descend de catégorie et l'on se
retrouve finalement avec une traumatologie du tennis dominée
à 90% par des problèmes de coude.
"Elbow" en anglais signifie "coude".
Médicalement, on utilise le terme "épicondylite"
pour désigner une inflammation qui démarre
le plus souvent à la pointe du coude (épicondyle)
et se propage ensuite le long de l'ulna (ou cubitus) vers
le poignet sur la zone d'insertion des muscles de la main,
très sollicités à chaque fois qu'on
saisit quelque chose comme le manche d'une raquette de
tennis, un club de golf, une barre de musculation ou des
avirons.
La conjonction d'une forte contraction des fléchisseurs
des doigts et la propagation d'une onde de choc importante
à chaque fois qu'on frappe la balle favorise alors
l'apparition de micro déchirures du corps du tendon
et/ou des micro-fractures au niveau de la pastille osseuse
d'insertion.
Ces affections du coude touchent aussi bien les personnes
de sexe féminin que de sexe masculin et peuvent
survenir à tout âge, même si elles
restent relativement rares avant 30 ans, et deviennent
aussi moins fréquentes après 55 ans.
Le plus souvent, elles résultent d'un changement
de raquette (70% des cas). Attention aux modèles
trop lourds en tête et au cordage trop tendu (pas
plus de 24 kg).
On notera au passage que l'utilisation des nouveaux matériaux
qui permettent de produire des raquettes plus légères
a beaucoup aidé les personnes atteintes de tendinites
récalcitrantes du coude dont certaines ont même
pu se remettre à jouer après des années
de retraite forcée.
La généralisation du revers à deux
mains protège aussi le coude du bras dominant et
participe vraisemblablement au recul de cette pathologie.
Enfin, la qualité des soins s'est nettement améliorée.
Par exemple on recourt moins systématiquement aux
injections de cortisone dans le tendon malade qui, à
longue échéance, avaient souvent des conséquences
catastrophiques.
Désormais on recommande le repos dès l'apparition
des premiers symptômes. Deux semaines au minimum!
Ensuite, on reprendra très prudemment en faisant
attention à ressortir son ancienne raquette dans
le cas où l'on aurait changé juste avant.
Par le biais d'un travail de rééducation
fonctionnelle, on s'efforcera aussi d'étirer et
de muscler le poignet et l'avant-bras. Des massages transverses
profonds pourront également faire sauter les adhérences
autour du tendon.
Ces séances de kinésithérapie seront
parfois couplées à un traitement anti-inflammatoire,
de cryothérapie (traitement par le froid) ou à
d'autres techniques de physiothérapie: ultrasons,
ionisation par courant électrique, etc.
Le port d'une coudière s'avère aussi très
bénéfique. Certains modèles se targuent
d'absorber les chocs. Elles apportent un soulagement.
Même s'il est difficile en l'occurrence de dénouer
la part de biomécanique de l'effet placebo.
Au hasard des rencontres, on recueille aussi des témoignages
enthousiastes à propos des méthodes alternatives:
acupuncture, mésothérapie, ostéopathie,
shock-therapy, etc. Et si tout échoue, il reste
encore la chirurgie avec des techniques de "lavage"
du tendon de toutes les petites impuretés qu'il
contient.
Dans ces conditions, on arrive presque toujours à
se débarrasser du problème. Mais cela prend
du temps!
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Avec
l'aimable collaboration du magazine "Sport
et vie - Hors série
No. 22 "Tout savoir sur les blessures du sportif."
www.sport-et-vie.com
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