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Il
s'agit d'identifier les habitudes alimentaires qui favorisent
l'endormissement, et à l'inverse, celles qui peuvent
nuire à la qualité
du sommeil.
Certes,
certaines règles hygiéno-diététiques
favorisent le sommeil, comme la régularité
des horaires du coucher, et certains facteurs alimentaires…
Aliments qui favorisent le sommeil
C’est
en partie dans ce domaine que l’alimentation interagit
sur l’équilibre hormonal. La Sérotonine
est une hormone qui pilote l’état de vigilance,
en favorisant la sédation, l’endormissement
(elle est d’ailleurs perturbée lors des décalages
horaires).
Certains aliments conditionnent la synthèse de cette
hormone, et vont avoir pour conséquence de faciliter
ou à l’inverse de nuire au sommeil. C’est
le cas en particulier des aliments riches en Tryptophane,
acide aminé précurseur de la Sérotonine,
présent notamment dans le lait, les produits laitiers,
et autres produits animaux (volaille).
Le bol de lait chaud pris le soir au coucher, souvent utilisé
pour ses vertus apaisantes, trouve ici une justification
biochimique pour faciliter le sommeil.
Les hydrates de carbone sont également évoqués
comme étant facilitateurs du sommeil (les pâtes,
riz complet, pommes de terre, pain complet). Il semble qu’il
ne s’agisse pas que d’un effet mécanique
sur
la distension de l’estomac et la satiété.
Un repas riche en sucres lents stimule la sécrétion
d’insuline, qui facilite l’absorption de Tryptophane
par le système nerveux et sa transformation en Sérotonine.
Ainsi la ration de féculents participe à la
restauration des réserves glycogéniques lors
de la récupération, mais augmente également
les phases de sommeil lent particulièrement réparatrices.
La
consommation de boissons chaudes le soir au coucher est
réputée pour faciliter le sommeil, ne serait
ce que par un mécanisme thermique et mécanique
sur les organes digestifs, éventuellement associé
à des propriétés plus spécifiques.
Il
convient d’éviter les excitants, (caféine
et théine) et privilégier les boissons décaféinés,
ou la chicorée. Sachez toutefois que les boissons
décaféinées ne le sont pas entièrement,
mais qu’elles contiennent 10 fois moins de caféine
qu’une boisson habituelle. La quantité résiduelle
est donc supposée être sans effet (2 à
6 mg/tasse).
Aliments qui nuisent au sommeil
Un
apport énergétique inadapté est l’une
des causes les plus fréquentes de perturbation du
sommeil. Dans les régimes trop restrictifs, ou lors
des sauts de repas, la carence énergétique
entraîne un réveil nocturne dont il sera difficile
de se défaire. A l’inverse, un apport excessif,
est une cause évidente de difficulté de digestion,
de lourdeur abdominale.
Sur le plan qualitatif, il convient d’éviter
au dîner les graisses cuites (fritures, panures, sauces…),
de digestion très lente. Certains légumes
seront également écartés pour leur
fermentation importante, source
de ballonnement intestinal (choux, légumes secs)
Certaines
intolérances alimentaires peuvent nuire au sommeil.
C’est le cas des mets épicés, de désordres
digestifs (irritation gastrique, colopathie…). Certains
produits laitiers, par la présence du lactose peuvent
occasionner lourdeur abdominale, ballonnements, acidité
gastrique, chez les sujets intolérants (classiquement
après 40 ans).
La
déshydratation est une cause fréquente de
perturbation du sommeil, en particulier lorsqu’elle
devient chronique. Cette déshydratation se développe
insidieusement, alors que le sportif a l’impression
(à tord) de boire suffisamment. Cet état évolue
vers différents symptômes, dont les réveils
nocturnes, avec sensation de soif, élévation
de la fréquence cardiaque. Le sommeil ne devient
plus récupérateur.
Les
exitants apparaissent logiquement comme perturbateurs du
sommeil : café, thé, alcool, sans oublier
les sodas au cola. Il faut y associer également les
Soft drinks, devenus un phénomène de mode,
malheureusement aux effets trop néfastes. Ces boissons
sont diurétiques et déshydratent l’organisme.
Par ailleurs, ces produits contiennent une dose non négligeable
de caféine, ainsi qu’une multitude de molécules
chimiques, dont on ne connaît pas les réels
effets sur l’organisme.
Les
produits vitaminés sont souvent évoqués
comme étant plutôt stimulants, donc perturbateurs
sur le sommeil, bien que cette propriété soit
de plus en plus démentie. Que cela ne vous empêche
pas de manger un fruit le soir pour répondre aux
impératifs nutritionnels ! Il est habituel de déconseiller
la banane, le kiwi, les agrumes, particulièrement
riches en vitamine C, et de privilégier la pomme,
poire…
Que
penser des inducteurs de sommeil
Il ne faut pas en abuser. Nombreux sont ceux qui y sont
réticents, de peur de tomber dans une dépendance,
même si celle-ci n’est que relative pour certains
produits. Une prise occasionnelle ne rendra pas dépendant
pour autant. Attention à la posologie, car chacun
réagit différemment. Donc soyez prudent et
contentez vous lors de la première prise, d’1/2
comprimé, qui est généralement suffisant.
Enfin, n’oubliez pas que si ces adaptations alimentaires
ont de réels effets sur l’endormissement, il
faut toujours avoir en tête qu’une perturbation
du sommeil est un indicateur de surentraînement. Ces
règles d’hygiène de vie doivent donc
s’accompagner d’une analyse de la charge d’entraînement…
pour lever le pied avant qu’il ne soit trop tard !
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| Le
Dr. Frédéric Maton est Médecin
chargé Sport Santé pour l'IRBMS (Institut
Régional de Biologie et de Médecine du
Sport de la Région Nord-Pas-De-Calais). www.irbms.com |
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