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Dis-moi ce que tu manges

Etes-vous plutôt pain sec et eau ? Ou ripailles et Bordeaux qui coule à flots ? Le rapport entre le sportif et son assiette révèle sa personnalité, dans le cadre de l’exercice comme de la troisième mi-temps ! Le Dr Pilardeau a décrypté 7 principaux profils, que nous vous présentons juste pour sourire entre deux coups de fourchette.

Par: Anne Dufour
12/12/2005

TotalForme


Le sportif attend beaucoup de son assiette : de quoi aller plus vite, plus fort, plus loin, moins fatigué, plus musclé, bref : plus performant. Mais chacun suit son propre objectif. Ainsi, le marathonien est souvent végé-tarien et frugal, il cherche en tout cas à se nourrir sainement, notamment à manger le moins possible de viande (pour éviter les tendinites) et le plus possible de fibres (pour limiter les problèmes digestifs).

Exactement le contraire de l’haltérophile, carnivore forcené, qui ingurgite presque toutes les deux heures des protéines sous forme de steak ou de poudre afin de faire du muscle. Bref, quand les sportifs passent à table,
ce n’est pas forcément pour casser la même croûte…

L’extraverti
Il pratique une activité lui laissant tout le loisir de crier, de hurler des conseils et de jeter son maillot (ou sa raquette) parmi la foule en délire. Après un bon match de hand ou de rugby, il se retrouve avec les potes à la troisième mi-temps pour en découdre, cette fois avec une bouteille (ou deux ou cinq) et un bon jambon de pays. On partage entre bons vivants un moment de convivialité, on chante, c’est le bonheur !

L’introverti
Son sport, c’est tout seul contre lui-même. Pas d’équipe, de fêtes ni de rassemblements : l’introverti préfère courir sans personne, tirer à l’arc, pratiquer le triathlon ou les arts martiaux. Son alimentation, tout comme sa discipline sportive, vise à réunir corps et esprit, avec comme objectif la réalisation d’une performance, d’un défi. Végétariens et jeûneurs ne sont pas rares dans cette catégorie.

L’obsessionnel
Il sévit dans les sports qui nécessitent un matériel sophistiqué, par exemple mécanique (cyclisme) ou faisant appel à la technique (ping-pong, saut à la perche). Son alimentation est, elle aussi, l’objet de calculs précis. L’obsessionnel compte ses résultats sportifs et ses calories. Rien n’est laissé au hasard, les repas sont à heure fixe, ennuyeux (toute nouveauté peut être perturbatrice), le menu est précis, parfois un plat correspond à une journée (lundi, raviolis !). Lors de toute sortie ou déplacement, les aliments et produits énergétiques sont soigneusement répertoriés, emballés, contrôlés.

Le masochiste
Il est là pour souffrir, il expie, version « pour progresser, il faut avoir mal » et « ce qui est mauvais pour les autres est bon pour moi ». Il ignore la douleur (voire la provoque pour la dépasser, quitte à s’abîmer). Cyclistes et athlètes de fond sont souvent maso, et jusqu’au bout : pain sec, eau, légumes bouillis, pas grand-chose d’autre. L’idée est de forcer le corps à progresser tout en le punissant. C’est peut-être le profil le plus courant parmi les sportifs.

Le sadique
Il est plutôt entraîneur que sportif ! Comme dans l’armée, il en fait baver à ses « recrues », qui sont là pour être formées « à la dure ». Les contraintes alimentaires sont aussi drastiques que l’entraînement et le sportif qui ne l’a pas « mérité » peut parfois être privé de repas… Mais le sadique lui-même se nourrit normalement, merci pour lui!

L’hypocondriaque
C’est un athlète de haut niveau ou un sportif donnant une signification mentale à l’exercice corporel : yoga, danse… Son comportement alimentaire est dicté par des certitudes - vraies ou fausses – « tel légume ne me convient pas, il me donne des douleurs ici ou là » et par la notion d’aliment-médicament - on recherche les plats riches en vitamines, fibres, oligo-éléments, acides gras polyinsaturés, probiotiques, etc. Par rapport à l’obsessionnel, l’hypocondriaque ne s’intéresse pas aux calories mais à la composition précise de chaque aliment.

Le mégalomane
Il est bien représenté parmi les sportifs, et ce à tous les niveaux, bien qu’on le retrouve souvent en président de club ou de fédé. Il n’en fait jamais assez à l’entraînement et n’atteint jamais non plus l’objectif fixé en compétition. A table, même combat : ce sont des agapes terribles, avec des hordes pour compagnie, des tonneaux de vin et des portions d’ogre. Léger problème : les mégalos arrêtent la compétition assez jeunes (40 ans maximum selon la discipline) tout en gardant leurs habitudes alimentaires gargantuesques : tout en XXL, les plats, l’alcool, le café, le tabac, etc. Problèmes de poids à l’avenant.


* Dr Paul Pilardeau, médecin du sport, maître de conférences des universités, praticien hospitalier, UFR SMBH, Université Paris 13, co-auteur de Les comportements alimentaires, éditions Tec et Doc, Lavoisier.





Anne Dufour
est journaliste santé, spécialiste de la nutrition et de la prévention. Elle collabore à plusieurs magazines santé. Elle est aussi auteur de nombreux livres pratiques grand public sur ces sujets chez divers éditeurs (Hachette, Marabout, Leduc.S...).