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Risques traumatiques de la pratique du ski

Toutes les semaines, des milliers de skieurs se retrouvent avec des traumatismes qui touchent de plus en plus les membres supérieurs.

Par : Patrick Bacquaert
TotalForme
08/02/2007



En effet, aujourd’hui, les chaussures de ski protègent assez efficacement les chevilles. Les accidents concernent le plus souvent les genoux, et malheureusement quelques accidents gravissimes touchent la tête et l’axe rachidien lors de chocs directs ou indirects.

Les lésions des membres inférieurs

Si l’on parle de moins en moins de fractures spiroïdes tibia péroné ou de fractures ou entorses de chevilles, c’est grâce aux modifications apportées par les constructeurs de matériel. Toutefois, les entorses de genou sont fréquentes, avec en particulier des entorses des ligaments croisés et des ligaments latéraux.

Entorses du ligament croisé antérieur


Il s'agit de la lésion la plus fréquemment rencontrée lors d'une chute avec un mouvement de valgus, flexion, et rotation externe, le tout s'accompagnant d'une hyperextension totale, le pied étant resté fixé au sol. La douleur immédiate est souvent vive. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter : les secours doivent emmener le skieur pour réaliser un bilan. GSM Secours = 112.

Entorses des ligaments latéraux
Il s'agit très souvent d'une entorse de gravité moyenne ne nécessitant pas, le plus souvent, d’intervention chirurgicale. Le contexte clinique et la façon dont s'est réalisée la chute permettent quelquefois de confondre cette pathologie avec une simple douleur. C'est souvent le soir ou le lendemain quand l'articulation est froide que les douleurs apparaissent. Un bilan est toujours nécessaire, la mise en décharge et souvent conseillée.


LES LÉSIONS DES MEMBRES SUPÉRIEURS

Lésion de l’épaule

Toute chute sur l'épaule peut provoquer une lésion, fracture ou déchirure dont le diagnostic immédiat n'est pas toujours évident. Le skieur étant encore chaud sur les pentes, il ressentira une douleur de plus en plus forte en rentrant au chalet ou à la station. Il verra apparaître une impotence fonctionnelle, qui l'empêchera de bouger l'épaule, et le conduira à consulter un médecin pour la réalisation d'un diagnostic.

Luxation acromio-claviculaire

Il s'agit d'une désunion entre l’acromion et la clavicule par lésion des ligaments acromio-claviculaires ou coraco-claviculaires. Selon l'intensité de la mobilité post-traumatique appelée également « touche de piano », le médecin autorisera ou interdira de continuer la pratique du ski. Un traitement spécifique sera établi, avec le plus souvent un strapping d’immobilisation. Un bilan radiologique est toujours souhaitable.

Fracture du trochiter

Cette fracture se retrouve plus souvent lorsque le skieur est tombé directement sur le moignon de l'épaule. Un bilan radiologique confirmera le trait de fracture et conduira le plus souvent à une prise en charge par immobilisation. Quelquefois, ces fractures peuvent cacher d'autres lésions profondes qui seront retrouvées par la réalisation d'une I.R.M. qui pourrait conduire à une prise en charge chirurgicale.

Entorse du pouce

Les entorses du pouce sont fréquentes, souvent mal identifiées lors de l'accident initial. Il s'agit d'une chute à ski, avec la dragonne qui emmène le pouce avec elle. Il s'ensuit une douleur très vive, sous le versant cubital de la main, avec quelquefois un gonflement et l'apparition d'un hématome, mais souvent le skieur ne s'affole pas car il s'agit fréquemment d'une petite douleur au niveau du pouce.

Malheureusement, après plusieurs jours de ski et le retour souvent à domicile, cette douleur et cette gêne s’amplifient. Attention, les entorses du pouce sont très graves : une prise en charge immédiate permet de limiter les complications futures.

Fracture du scaphoïde

Ce petit os appelé scaphoïde, qui est placé dans la main, peut se fracturer lors d'une chute sur la paume des mains avec la main en hyperextension. Les chutes courantes dans la pratique du ski sont finalement anodines, et c'est finalement quelques jours voire quelques semaines après cette fameuse chute que le skieur consultera en raison d'une gêne douloureuse au niveau de la main. Ces lésions sont fréquentes lors d’une chute sur la glace.


Les autres traumatismes

Un choc direct ou indirect sur une piste verglacée ou sur un obstacle fixe ou en déplacement peut conduire à toute forme de traumatismes. On rappellera les fractures de côtes, mais également les fractures de vertèbres, et bien entendu les fractures du crâne, qui risque de mettre en cause le pronostic vital.

La prévention de ces accidents passe par une bonne connaissance de ses propres limites, le respect des conseils de prudence, l'utilisation d'un matériel adapté, et le port d'un casque surtout chez l'enfant.

En conclusion

Un retour de séjour à ski peut être douloureux et occasionner une longue période de récupération, en raison de la gravité des lésions potentielles visibles ou invisibles lors d'un accident de ski.

Être conscient de la pratique d'un sport quel qu'il soit est déjà la base de la mise en place d'une stratégie préventive. N'oubliez pas que la pratique du ski doit rester un plaisir mais qu'il s'agit certainement du loisir provoquant le plus de traumatismes et d'accidents graves

Patrick Bacquaert est Médecin-Chef pour l'IRBMS (Institut Régional de Biologie et de Médecine du Sport de la Région Nord-Pas-De-Calais). www.irbms.com