En
effet, aujourd’hui, les chaussures de ski protègent
assez efficacement les chevilles. Les accidents concernent
le plus souvent les genoux, et malheureusement quelques
accidents gravissimes touchent la tête et l’axe
rachidien lors de chocs directs ou indirects.
Les
lésions des membres inférieurs
Si l’on parle de moins en moins de fractures spiroïdes
tibia péroné ou de fractures ou entorses
de chevilles, c’est grâce aux modifications
apportées par les constructeurs de matériel.
Toutefois, les entorses de genou sont fréquentes,
avec en particulier des entorses des ligaments croisés
et des ligaments latéraux.
Entorses du ligament croisé antérieur
Il s'agit de la lésion la plus fréquemment
rencontrée lors d'une chute avec un mouvement de
valgus, flexion, et rotation externe, le tout s'accompagnant
d'une hyperextension totale, le pied étant resté
fixé au sol. La douleur immédiate est souvent
vive. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter : les
secours doivent emmener le skieur pour réaliser
un bilan. GSM Secours = 112.
Entorses des ligaments latéraux
Il s'agit très souvent d'une entorse de gravité
moyenne ne nécessitant pas, le plus souvent, d’intervention
chirurgicale. Le contexte clinique et la façon
dont s'est réalisée la chute permettent
quelquefois de confondre cette pathologie avec une simple
douleur. C'est souvent le soir ou le lendemain quand l'articulation
est froide que les douleurs apparaissent. Un bilan est
toujours nécessaire, la mise en décharge
et souvent conseillée.
LES
LÉSIONS DES MEMBRES SUPÉRIEURS
Lésion
de l’épaule
Toute chute sur l'épaule peut provoquer une lésion,
fracture ou déchirure dont le diagnostic immédiat
n'est pas toujours évident. Le skieur étant
encore chaud sur les pentes, il ressentira une douleur
de plus en plus forte en rentrant au chalet ou à
la station. Il verra apparaître une impotence fonctionnelle,
qui l'empêchera de bouger l'épaule, et le
conduira à consulter un médecin pour la
réalisation d'un diagnostic.
Luxation acromio-claviculaire
Il s'agit d'une désunion entre l’acromion
et la clavicule par lésion des ligaments acromio-claviculaires
ou coraco-claviculaires. Selon l'intensité de la
mobilité post-traumatique appelée également
« touche de piano », le médecin autorisera
ou interdira de continuer la pratique du ski. Un traitement
spécifique sera établi, avec le plus souvent
un strapping d’immobilisation. Un bilan radiologique
est toujours souhaitable.
Fracture du trochiter
Cette fracture se retrouve plus souvent lorsque le skieur
est tombé directement sur le moignon de l'épaule.
Un bilan radiologique confirmera le trait de fracture
et conduira le plus souvent à une prise en charge
par immobilisation. Quelquefois, ces fractures peuvent
cacher d'autres lésions profondes qui seront retrouvées
par la réalisation d'une I.R.M. qui pourrait conduire
à une prise en charge chirurgicale.
Entorse du pouce
Les entorses du pouce sont fréquentes, souvent
mal identifiées lors de l'accident initial. Il
s'agit d'une chute à ski, avec la dragonne qui
emmène le pouce avec elle. Il s'ensuit une douleur
très vive, sous le versant cubital de la main,
avec quelquefois un gonflement et l'apparition d'un hématome,
mais souvent le skieur ne s'affole pas car il s'agit fréquemment
d'une petite douleur au niveau du pouce.
Malheureusement, après plusieurs jours de ski et
le retour souvent à domicile, cette douleur et
cette gêne s’amplifient. Attention, les entorses
du pouce sont très graves : une prise en charge
immédiate permet de limiter les complications futures.
Fracture du scaphoïde
Ce petit os appelé scaphoïde, qui est placé
dans la main, peut se fracturer lors d'une chute sur la
paume des mains avec la main en hyperextension. Les chutes
courantes dans la pratique du ski sont finalement anodines,
et c'est finalement quelques jours voire quelques semaines
après cette fameuse chute que le skieur consultera
en raison d'une gêne douloureuse au niveau de la
main. Ces lésions sont fréquentes lors d’une
chute sur la glace.
Les autres traumatismes
Un
choc direct ou indirect sur une piste verglacée
ou sur un obstacle fixe ou en déplacement peut
conduire à toute forme de traumatismes. On rappellera
les fractures de côtes, mais également les
fractures de vertèbres, et bien entendu les fractures
du crâne, qui risque de mettre en cause le pronostic
vital.
La prévention de ces accidents passe par une bonne
connaissance de ses propres limites, le respect des conseils
de prudence, l'utilisation d'un matériel adapté,
et le port d'un casque surtout chez l'enfant.
En
conclusion
Un
retour de séjour à ski peut être douloureux
et occasionner une longue période de récupération,
en raison de la gravité des lésions potentielles
visibles ou invisibles lors d'un accident de ski.
Être conscient de la pratique d'un sport quel qu'il
soit est déjà la base de la mise en place
d'une stratégie préventive. N'oubliez pas
que la pratique du ski doit rester un plaisir mais qu'il
s'agit certainement du loisir provoquant le plus de traumatismes
et d'accidents graves
......................................................................................................................
| Patrick
Bacquaert est Médecin-Chef
pour l'IRBMS (Institut Régional de Biologie
et de Médecine du Sport de la Région
Nord-Pas-De-Calais). www.irbms.com |
......................................................................................................................
image : © Karin
Lau - FOTOLIA
|